LIGNE THT : LE SERMENT DES ELU·ES

Le samedi 19 septembre 2026, le théâtre antique d’Arles a accueilli l’une des plus fortes mobilisations citoyennes et politiques de ces dernières années en Provence. À l’appel du Collectif THT13/30, près de 2 500 personnes se sont réunies pour s’opposer au projet de ligne aérienne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer, et exiger l’étude d’une véritable solution alternative.


Un front inédit pour les territoires


Agriculteurs, éleveurs, gardians, associations environnementales, acteurs du tourisme et de la culture, habitants et élus de toutes sensibilités politiques ont rempli les gradins du monument antique. Le rassemblement a réuni des maires, députés, sénateurs, conseillers départementaux, régionaux et métropolitains, ainsi que des représentants des régions Sud et Occitanie.


Au-delà de la diversité des engagements, un même message a résonné dans le théâtre : le territoire refuse de choisir entre transition énergétique, agriculture, biodiversité et patrimoine. Le mot d’ordre « Zéro pylône » a cristallisé l’opposition au tracé proposé, qui traverse des espaces agricoles, des zones naturelles remarquables et des paysages emblématiques de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence.

Le « Serment des élus »


Le moment le plus solennel de la soirée a été la lecture collective du « Serment des élus pour l’avenir de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence ». Plus de 140 élus ont ensuite signé ce texte, qui sera transmis au président de la République.


Par ce serment, les signataires demandent à l’État d’ouvrir « un dialogue territorial exigeant, constructif et durable » avec l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif affiché est de rechercher des solutions capables de concilier décarbonation, réindustrialisation, souveraineté énergétique, développement économique, agriculture, préservation de l’environnement et protection des patrimoines.


Les élus s’engagent également à tout mettre en œuvre pour empêcher la construction de la ligne aérienne dans sa configuration actuelle.

Pour Agir pour la Crau, cet engagement dépasse la seule question d’un tracé électrique. La Crau, dernier steppique d’Europe occidentale, abrite des habitats rares, une avifaune exceptionnelle et des paysages façonnés par des siècles d’élevage extensif. Elle constitue un patrimoine naturel et agricole que les infrastructures linéaires fragmentent durablement.


Le serment signé à Arles rappelle que la protection de ce territoire ne peut être traitée comme une variable d’ajustement. Toute décision d’aménagement doit d’abord éviter les atteintes aux milieux remarquables, puis réduire et compenser les impacts résiduels, dans cet ordre. C’est précisément cette exigence que portent les associations, les exploitants agricoles et les élus mobilisés depuis le début du dossier.

Une mobilisation qui continue


Le texte a été adressé au président de la République le 13 octobre 2026, afin d’alerter les pouvoirs publics sur les risques d’une déclaration d’utilité publique jugée précipitée.


Agir pour la Crau appelle désormais à maintenir la vigilance : le serment d’Arles doit se traduire par une révision en profondeur du projet, l’examen sérieux des alternatives et une consultation réelle des territoires concernés. La mobilisation du 19 septembre a montré qu’un large front citoyen, agricole, environnemental et politique peut exister autour d’une même exigence : protéger la Camargue, la Crau et la Terre d’Argence sans sacrifier leur avenir.