Dans un rapport accablant de plus de 300 pages, la commission d'enquête émet un avis défavorable à l'unanimité sur la Déclaration d'Utilité Publique de ce projet autoroutier vieux de trente ans. 

(04.03.26)


Un passif écologique prépondérant


La Commission a consacré une large part de son analyse à l'impact dévastateur du projet sur l'environnement, confirmant point par point les arguments que les associations défendent depuis des années.


Elle met en évidence le risque inacceptable que le projet fait peser sur la nappe phréatique de la Crau, qui alimente trois cent mille habitants en eau potable, en raison des travaux de fondations profondes et de la destruction de vingt-huit hectares et demi de prairies irriguées classées en appellation d'origine protégée Foin de Crau.


Le rapport acte également l'atteinte à cent soixante espèces protégées et la destruction irréversible de milieux uniques au monde, comme les laurons, ces résurgences karstiques millénaires, estimant que la démonstration écologique du projet demeure insuffisamment établie.


Surtout, la Commission souligne le bilan carbone négatif du projet, qui aurait généré une augmentation de cinq pour cent des émissions de gaz à effet de serre sur cinquante ans, le jugeant incompatible avec la Stratégie Nationale Bas-Carbone.



Les fragilités structurelles d'un projet en impasse


Au-delà de l'environnement, la Commission a disséqué les faiblesses financières et sociales du projet. Elle relève que le coût a déjà grimpé à 1.135 Mds €, soit une augmentation de 18%, sans que le plan de financement soit sécurisé, pointant l'absence de contre-expertise indépendante du Secrétariat Général pour l'Investissement et le désengagement unanime des collectivités locales qui refusent de contribuer.


La municipalité de Saint-Martin-de-Crau et ses habitants, que les associations soutiennent pleinement, voient leur combat conforté par le rejet massif de l'aire de services et la crainte d'un report de trafic sur le réseau secondaire, le rapport évoquant une iniquité territoriale flagrante.


Enfin, la Commission dénonce un dossier indigeste, des données obsolètes et une concertation défaillante, qualifiant la procédure d'information de défaillante pour fonder une décision éclairée.


Un signal fort envoyé au gouvernement


En appliquant la jurisprudence Ville Nouvelle Est, la Commission a conclu que les inconvénients du projet l'emportent très largement sur ses avantages.


Les associations appellent désormais le gouvernement et le Conseil d'État à prendre leurs responsabilités et à enterrer définitivement ce projet.


La solution ne réside pas dans une autoroute à péage sur pilotis en pleine Camargue et en Crau, mais dans un véritable plan de mobilité durable pour le Pays d'Arles, incluant le report modal vers le rail, le fluvial et la régulation du trafic de transit.

Le rapport final ici Le communiqué de presse du Collectif "En travers de la route"