Le dossier “explosif” de Saint-Martin-de-Crau

Après la décharge d’Entressen et ses poubelles marseillaises, voici maintenant la décharge de la Carougnade. Les 2 stockaient des déchets, à la petite différence près que ceux de la seconde l’ont été dans la plus grande illégalité et qu’ils ont un caractère bien particulier : celui de pouvoir exploser. Après les plastiques qui volent au vent, les obus d’un petit coin charmant.

 
 
 
Pendant près de 60 depuis 1946, la Société Industrielle de Munitions et Travaux a exploité sur le site de la Carougnade à Saint-Martin-de-Crau, une activité de destructions de munitions et d’explosifs d’origine militaire. Confrontée à des problèmes financiers, la SIMT avait fait le choix d’enfouir plusieurs tonnes d’explosifs plutôt que de les traiter, réalisant ainsi des plus values  juteuses.
Ce n’est qu’en 2002, suite à une explosion sur place d’un conteneur maritime que le Préfet des Bouches-du-Rhône a suspendu l’activité de la SIMT, mettant au grand jour un dossier explosif sur le plan de la sécurité des habitants et de la pollution environnementale.
 
Les services de l’Etat et la commune de Saint-Martin-de-Crau étaient parfaitement informés de cette affaire de longue date. Le mensuel Infos Saint-Martin dans son édition de septembre 2008, avec pour titre « réhabilitation de la SIMT : une priorité pour les pouvoirs publics », fait d’ailleurs état de la mise en œuvre d’une « procédure d’installation de servitude d’utilité publique sur l’ensemble des terrains » engagée par la Préfecture. On y apprend d’ailleurs qu’une réunion se serait tenue en août de la même année sur place et en présence du Sous-Préfet d’Arles, de Claude Vulpian, maire de Saint-Martin-de-Crau et de Mireille Henry, adjointe déléguée au Développement Durable, afin de « faire le point sur l’avancement du dossier, et de préparer les travaux de réhabilitation des terrains ».
 
 
Un terrain convoité
 
Le rapport de l'inspecteur des installations classées en date du 19/09/08 (1) conclu donc au nécessaire classement du site en précisant par ailleurs que la commune de Saint-Martin-de-Crau évoque par un courriel du 17/04/08  « la perspective de réhabilitation du site par l’implantation d’un champ solaire photovoltaïque ». Cet aménagement serait réalisé par « des investisseurs privés (qui) seraient prêts à participer financièrement à la mise en sécurité du site sous-réserve d’être autorisés, par la suite, à installer des panneaux solaire photovoltaïques sur tout ou partie du site ».
 
Il faudra attendre février 2011 pour que ce dossier refasse surface au moment même où le journal Le Parisien faisait état d’échanges téléphoniques entre Jean-Noël Guérini et Alexandre Guérini, au cours duquel ce dernier se disait intéressé par un terrain d’environ 40 ha sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, terrain « utilisé comme dépôt de munitions » et devant être « dépolluer » pour « faire du photovoltaïque dessus ». Depuis, plus de son, plus d’image.
 
 
Dans tous les cas, le site de La Carougnade fait toujours l’objet d’un éventuel projet de parc solaire puisqu’il est inscrit dans le Plan Local d’Urbanisme de la commune voté en juillet 2011 comme « site susceptible de faire l’objet d’une révision simplifiée pour l’implantation de centrale photovoltaïque au sol ».
 
 
Un dossier qui pose de nombreuses questions environnementales
 
Malgré la condamnation récente par le tribunal correctionnel de Tarascon de l’un des responsables de la SIMT a 18 mois de prison avec sursis avec injonction de remettre les lieux en état dans un délai de 6 mois, de nombreuses questions subsistent :
 
  • Quelles sont les conclusions de l’étude hydrogéologique ordonnée par le Préfet auprès de la société SIMT afin d’analyser les impacts de ces déchets enfouis au niveau de la nappe phréatique ?
  • Quels risquent encourent les habitants riverains et les saint-martinois(es) quand on sait que des obus ont été entreposés au dessus d’un pipe-line exploité par la société Trapil ?
  • Quand et comment le site sera t-il véritablement dépollué et comment seront traités les 1,6 tonnes de munitions et les 2 tonnes de poudre ?
  • Qui paiera la facture estimée à 806.000 € ?
  • Quel type de contrôle sera réalisé a posteriori et comment la population sera t-elle informée ?
Ces questions seront adressées au Préfet et au Sous-Préfet afin que toutes les réponses utiles aux habitants y soient apportées.
 
 


Afficher La Carougnade sur une carte plus grande

 

Un commentaire sur “Le dossier “explosif” de Saint-Martin-de-Crau”

  1. Merci pour toutes ces informations; en espérant que toutes les mesures seront prises pour anéantir cette affreuse pollution. Je transfère cet article à tous mes contacts.
    Voilà les situations auxquelles nous sommes de plus en plus confrontés à l’heure actuelle. on se rend compte des dégâts lorsqu’il est bien tard, au lieu de prendre les précautions nécessaires

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