Doit-on dire Adieu aux terres agricoles et aux espaces naturels ?!

Après le journal Le Monde, la télévision a souhaité rencontré l'association Agir pour la Crau afin de réaliser un reportage sur la disparition alarmante des terres agricoles dans notre département. La Chaîne Marseille (LCM) dresse un constat objectif, ponctué par les interventions d'un agriculteur, d'un producteur de foin de Crau et d'une association de citoyens. Fait nouveau et notable, tous parlent le même langage et partagent les mêmes préoccupations. Enfin une véritable prise de conscience collective ?

 

Il existe un profond décalage entre les intentions annoncées au niveau de la protection de l'environnement, de la défense des terres agricoles et des milieux naturels et leur traduction au niveau des communes. Comme si, pourtant proche des réalités, l'action locale perdait toute connexion avec les recommandations portées par la Loi Grenelle II, notamment au niveau des PLU : réduire l'étalement urbain et le gaspillage des terres.

Cependant, le caractère non contraignant des principes de densification au niveau des PLU font douter de leur véritable mise en application.

A l'instar des autres communes des Bouches-du-Rhône, sur Saint-Martin-de-Crau, nous assistons :

> à un étalement urbain sans précédent : 7% de la surface de la commune est urbanisée. Cela peut paraître faible. Sauf qu'il s'agit de la 6ème plus grande commune de France ! L'urbanisation couvre donc 15 km², soit l'équivalent de villes comme Grenoble (158.000 habitants), Nancy (104.000) ou Villeurbanne (134.000). Pour info la commune de Saint-Martin-de-Crau compte 12.000 personnes !

> à une disparition de plusieurs hectares en Foin de Crau : avec son corollaire, une moindre alimentation de la nappe phréatique qui concerne près de 250.000 habitants (60 à 70% de la nappe est alimentée par l’arrosage gravitaire des prairies) (source : Symcrau) Plus de prairies = plus d'eau !

> à une atteinte à la biodiversité car de nombreux sites ouverts à l'urbanisation sont couverts par les directives Natura 2000 (habitat et oiseaux)

> à une augmentation du risque d’inondations par imperméabilisation incessante des terres : Saint-Martin-de-Crau a été inondée en 1994, 2003 et 2011 (déclarée en état de catastrophe naturelle). On est loin de la crue décennale !

 

Il faut se rendre à l'évidence : l’étalement urbain ne résout pas le problème du logement sur Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône et même en France. Le nombre d’hectares urbanisés augmente sans cesse chaque année et les besoins en logements aussi. Cherchons l’erreur !

Le CAUE13 (Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement) qui assiste les communes dans l'élaboration de leur PLU, vient de prendre très récemment une position contre l'étalement urbain en lançant une grande campagne intitulée " le coût de l'étalement, le goût de la densité".

 


Les propositions d'Agir pour la Crau

Face à ces constats d'échec, nous proposons, entre autre  :

> de renoncer à bâtir sur des espaces agricoles ou d’intérêt écologique (Foin de Crau, biodiversité, alimentation de la nappe phréatique…)

> d'éviter la spéculation foncière et la concurrence sur les terrains entre l'agricole et l'habitat en  : 

  • urbanisant les communes sur la base d’un taux de croissance démographique modéré de 3% par an soit 15% en 5 ans contre 30% pour St Martin de Crau 
  • évitant les « appels artificiels » de population sur les communes
> de réduire l’étalement urbain
  • en construisant la ville sur la ville, à la verticale plutôt qu’à l’horizontale
  • en préférant le photovoltaïque sur les toits plutôt qu’au sol 
  • en limitant la création et l’expansion des lotissements
 

 

> Pour lire le reportage sur LCM, cliquez ici

Vendredi 27 janvier 2012 à 18h45
(7mn35 après le démarrage du journal)

(Réalisation Mickaël FLORES)

 

 

 

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Un commentaire sur “Doit-on dire Adieu aux terres agricoles et aux espaces naturels ?!”

  1. Laura dit :

    Une question interessante. Mais effectivement, la question la plus brûlante est celle de l’energie. Nous allons droit dans le mur: comment satisfaire nos besoins energetiques sans cesse croissants sachant que les réserves d’Uranium 235, de petrole et de gaz s’epuisent? Et que dire en effet de la pollution croissante liée à la poursuite de l’extraction de ces ressources (forages en eaux profondes, dilution de la ressource dans le milieu naturel )?

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