Flatulences excessives

On se serait cru dans la salle d'attente d'un grand cabinet médical. Avec pour tous les patients, le même symptôme : un ballonnement gazeux. Une chose est sûre, le projet de tracé du gazoduc Eridan a touché une grande partie de la population. Les associations Naccica, France Nature Environnement 13 et Agir pour la Crau, pour ne citer qu'elles, étaient venues consulter. Court extrait de notre diagnostic aérophagique.

 

Sur l’absence de nécessité avérée du projet

La France a engagé un vaste débat national sur la nécessaire transition énergétique. L’objectif annoncé est de réduire de 30% la consommation nationale d’énergies fossiles d’ici 2030. Le gaz en fait partie. Pour un nouveau choix de société. Face à cette contrainte, la France doit aujourd’hui réduire ses importations d’énergies fossiles et respecter ses engagements européens.
Le dossier Eridan va donc à l’encontre du projet de loi sur la transition énergétique en France.


Sur une vision hypothétique du raccordement Saint-Avit / Etrez

Comme le précise GRT Gaz, « En ce sens, le projet Arc lyonnais est complémentaire des projets et des canalisations situés au nord (Artère de Bourgogne et projet d’Artère de Bourgogne 2) et au sud (Artère du Rhône et projet Eridan) ». Si la liaison Saint-Martin-de-Crau / Saint-Avit est acquise, il n’en est rien pour la liaison Saint-Avit et Etrez. Ce deuxième tronçon, aussi appelé Arc Lyonnais est à ce jour non décidé.

Que se passerait-il si le projet d’Arc lyonnais était abandonné ? Quelle utilité aurait dans ce cas le projet Eridan ?


Sur l’absence de proposition de plusieurs tracés alternatifs

Dans le compte rendu de la réunion publique qui s’est tenue à Saint-Martin-de-Crau le 24 octobre 2012, on peut noter les réponses de GRT Gaz : 
• « Quant au tracé alternatif, …, nous l’avons étudié. »
• « J’avais pris deux engagements lorsque nous nous sommes rencontrés au mois de juillet. Et vous m’aviez demandé de les noter. C’est de mentionner votre tracé alternatif dans le dossier d’autorisation, nous l’avons fait. »

Alors, pourquoi ce tracé alternatif ne figure t-il pas dans le dossier d’enquête publique ?

Comment peut-on dire que le tracé retenu est le moins destructeur sur la plan environnemental et agricole, le plus sécurisé pour la population, si la totalité des projets alternatifs n’est pas présentée ?


Sur l’atteinte du tracé aux exploitations agricoles

Le linéaire du projet s’inscrit à 70% en zone agricole dans le département des Bouches-du-Rhône. Il est fortement destructeur au niveau des espaces agricoles sur les communes de Saint-Martin-de-Crau et d’Arles notamment sur les tronçons PK01 à PK05 au démarrage de la station de compression et PK14 à PK27 sur le hameau de Moules jusqu’en Arles.

Plusieurs agriculteurs en maraîcher et arboriculteurs perdront tout ou partie de la valeur de leur exploitation, une fois celle-ci traversée par le gazoduc. Les indemnités proposées ne couvriront jamais les années d’efforts pour tenter de rentabiliser leur entreprise, sans compter la perte de la valeur patrimoniale.

De plus, il est clairement admis dans le dossier d’enquête publique qu’il existe un «effet drain des canalisations enterrées » au niveau des zones humides.   La note de la CDCEA émet également une réserve à ce sujet : « le point principal porte sur la restauration des sols sur les parcelles où l’irrigation gravitaire est pratiquée. En effet, la tranchée de la canalisation risque de provoquer un effet de drain ou un effet de coupure susceptible de compromettre la reprise des cultures. »

Etonnamment rien n’est précisé au niveau des espaces agricoles cultivés en foin de Crau. Ces derniers, pourtant, sont exploités sur la base du principe de l’irrigation gravitaire. Ils sont donc soumis à un « effet drain » similaire. Or, aucune mesure n’est proposée dans ce cas précis.


Sur l’absence d’étude technique et hydro-géologique concernant les nappes de Crau

Les prairies en foin de Crau jouent un rôle essentiel au niveau de l’alimentation de la nappe phréatique de la Crau qui alimente en eau potable près de 250.000 personnes. Elle dépend au 2/3 de l’irrigation gravitaire des 12.000 hectares de prairies en Foin de Crau. Cette nappe souterraine enregistre un volume de 550 millions de m3 d’eau, soit l'équivalent de la moitié de l’étang de Berre. Ce qui en fait la plus grande nappe phréatique d’Europe. A ce titre, elle a été classée d'intérêt patrimonial dans le cadre du SDAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau du bassin Rhône-Méditerranée).

L’enquête publique occulte entièrement cette partie du dossier. Aucune étude n’est apportée quant au suivi des niveaux des nappes phréatiques, les méthodes d’investigation et de l’éventuel percement des zones de conglomérats (dalle de poudingue), roche imperméable et résistante qui protège la nappe notamment de toute pollution éventuelle.

 

Pour l’ensemble de ces raisons, compte tenu de l’incomplétude du dossier d’enquête publique et de son incapacité à apporter des réponses aux différents point soulevés, les associations NACICCA et AGIR POUR LA CRAU demandent au Commissaire Enquêteur d’émettre un avis défavorable au projet de tracé du gazoduc Eridan.

 


> Consultez aussi l'avis de France Nature Environnement 13

 

 

Laissez un commentaire

IMPORTANT! Pour valider votre commentaire, merci de résoudre l'opération suivante:

Combien font 8 + 14 ?
Please leave these two fields as-is:
Ebuzzing - Top des blogs - Environnement