L’art de la contemplation

La France bétonne près de 80.000 hectares de terre par an, soit l’équivalent en quatre ans de la surface agricole d’un département. Pour enrayer ce saccage, un l'Observatoire National de la Consommation des Espaces Agricoles a été mis en place. Si l'observation est la première étape essentielle à la compréhénsion, elle doit être suivie de mesures concrètes afin de ne pas tomber dans une approche philosophique ou spirituelle sur une question aussi essentielle que la préservation des terres agricoles.

Nécessaire mais insuffisant

Créé par la loi de modernisation de l’agriculture de 2010, l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles (Oncea) a enfin vu le jour, mercredi 17 avril. Placé auprès du ministère chargé de l'agriculture, il élaborera des outils de mesure de la consommation de l'espace et validera les indicateurs de la consommation d'espace. Il rendra publique chaque année un rapport de son activité.

"La lutte contre la consommation des espaces agricoles est un enjeu fondamental pour l’agriculture", a souligné le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, à l’occasion de l’installation de cet observatoire.

Il était temps ! En effet, selon le recensement agricole publié par l’Agreste en 2012, le département des Bouches-du-Rhône a vu sa surface agricole utile baissé de 10% de 2000 à 2010 tandis que le nombre d’exploitations agricoles perdait, quant à lui, 16% sur la décennie.

A ce titre la Fédération Nationale des Safer souligne 3 causes à l’artificialisation des sols :

• l’étalement des centres urbains et l’augmentation du réseau routier,
• l’augmentation du nombre d’habitants,
• le développement des zones commerciales, artisanales, industrielles, de logistique…

 

Sur ce dernier point, dans la Crau, on nage en pleine abérration. Figurez-vous que par une délibération du 21 mars 2013, la commune de Saint-Martin-de-Crau souhaite permettre l'aménagement d'une centrale photovolaïque dans le secteur de la Dynamite avec, pour conséquence, le déclassement de zones agricoles pour y installer des panneaux solaires au sol.

A quelques mètres de la, les projets d'entrepôts fleurissent sur près de 600 ha. Et on n'a même pas songé au fait que ces panneaux solaires pouvaient venir recouvrir les toîts de ce million de m² d'hangars à camions !!

Et si l'on ne se contentait pas d'observer ? Et si, au lieu de compter les morts, on essayait plutôt de sauver des vies ? La loi peut, non DOIT, limiter l'artificialisation des terres ! C'est en tout cas dans ce sens que nous soutenons les actions de l'association Filière Paysanne et de la Confédération Paysanne qui militent eux aussi dans cette direction avec 2 propositions concrètes :

  • mettre en place un statut national réellement protecteur pour les zones agricoles existantes à ce jour, celui-ci ayant pour but de les protéger de tout déclassement arbitraire futur et de toute artificialisation non justifiée. 
  • soumettre tout évolution future de ce zonage à l’avis décisionnel de la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles (CDCEA) en assurant le renforcement de sa composition interne et par l'attribution de l’avis décisionnel.

Le soutien du plus grand nombre de structures, d’élu(e)s, d'associations et de citoyen(ne)s à ces propositions sera déterminant pour engager notre pays dans la voix de la raison et de l’avenir.

 

2 commentaires sur “L’art de la contemplation”

  1. morgan dit :

    On parle bien de notre souveraineté agricole ? et le fameux développement durable ???
    Mettre des panneaux photovoltaïque par terre alors qu’on a des toits d’entrepôt,sur près d’1 million de m²!! .
    Quelle gestion de l’espace !! C’est de l’organisation à long terme ou du coup par coup ? et bing encore des espaces perdus.

  2. Tout à fait d’accord avec vous. Notre association soutien aussi l’initiative de Filière paysanne et de la confédération paysanne.
    A propos de la CDCEA il est décisif aussi que les associations ne soient pas réduites à la portion congrue.
    Il est en effet déterminant de montrer notre détermination sur ces questions et ce d’autant plus qu’au nom de la simplification des lois et des règles il est question de bouleverser le droit de l’environnement dans un sens qui nous inquiète fort. Nous souhaitons nous tromper mais en attendant voir notre article sur le choc de simplification
    http://www.lesperdigones.fr/article-le-choc-de-simplification-un-cheval-de-troie-contre-l-environnement-116984795.html

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