De l’or bleu sous nos pieds

A l'invitation d'AMA'PORTE (AMAP située à Lambesc), l'Association AGIR POUR LA CRAU, en compagnie de l'Etang Nouveau, est intervenue le 18/03 pour faire "son Forum de l'Eau" et rappeler à une cinquantaine de participants l'importance et le rôle de l'eau dans la plaine de la Crau. 

 

 

Qualifiée à juste titre, de dernière steppe aride d'Europe, la Crau reste tout de même un "désert gorgé d'eau".

Sous les galets, la nappe…

La Crau est quasiment dépourvue de cours d’eau de surface et pourtant sous la terre, sous nos pieds, il existe une "mine d’or bleu » : la nappe phréatique de la Crau.  Cette nappe souterraine enregistre un volume de 550 millions de m3 d’eau, soit l'équivalent de la moitié de l’étang de Berre (1). Ce qui en fait la plus grande nappe phréatique d’Europe. A ce titre, elle a été classée d'intérêt patrimonail dans le cadre du SDAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau du bassin Rhône-Méditerranée). 

Cliquez sur la carte pour l'agrandir
Source : Symcrau (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais d’où vient toute cette eau ?

Pas besoin de phrase ni de longs discours (comme dirait l'autre). La nappe phréatique de la Crau dépend au 2/3 de l'irrigation gravitaire des 12.000 ha de prairies en Foin de Crau. C'est d'ailleurs pendant la période d'arrosage, de juin à septembre, que la nappe est la plus haute.
Ensuite, elle est alimentée à 30% par les eaux de pluie et 10% par les apports souterrains.

Comment est-elle utilisée ? 

La nappe de la Crau joue un rôle économique et social majeurs :

  • elle alimente en eau potable une population de 270.000 habitants répartis sur les principales communes Miramas, Istres, Salon-de-Provence, Saint-Martin-de-Crau…
  • elle sert les industries, notamment celles de Fos-sur-Mer
  • elle permet l'arrosage des espaces agricoles

 

 Cliquez sur la carte pour l'agrandir
 Source : Symcrau (2)

 

 

 

 

Cette carte montre clairement que les principaux prélèvements à des fins d'alimentation en eau potable des principales villes telles qu'Arles, Saint-Martin-de-Crau, Salon-de-Provence, Istres, Miramas…

Un trésor commun à protéger

On peut donc se poser légitimement la question de savoir quel est le niveau actuel de la nappe, à un moment même où les problématiques de sécheresse frappent le sud de la France. Selon le Symcrau, la nappe est « au dessus du niveau sec et au dessous du niveau moyen ». Bon, la , on n'est pas super rassuré quand on sait que la sonnette d'alarme a déja été tirée en 2008. Le site du SAN Ouest-Provence annonçait : "la nappe phréatique de la Crau en danger", en précisant que "depuis plusieurs mois, la nappe phréatique de la Crau montre des signes alarmants. De nombreux puits agricoles sont à sec et la faiblesse de l'alimentation pluviale ne laisse rien présager de bon" (3). Un an plus tôt, La Provence titrait déjà : "Inquiétudes autour de la nappe phréatique de la Crau" (4).

A l'heure actuelle, sur le terrain, la situation des nappes inquiète. « Nous sommes pour l'heure dans une situation préoccupante, mais pas dramatique », explique Charlotte Alcazar, chargée de mission au Symcrau (5). Mais nous ne serions pas dans une situation dramatique.

Une nappe sous haute surveillance

Et pour cause. La nappe est sujette à un risque d'épuisement pour deux raisons : la vulnérabilité du système agricole de surface qui l'alimente (en somme, la disparition des prairies de Foin de Crau) et l'augmentation croissante des prélèvements. Constat réalisé en octobre 2011 lors d'une conférence "Eau et Economie", animée par Elsa Martin (Agrosup Dijon) et Jean-Marc Philip (Société du Canal de Provence).

En effet, notre territoire est soumis à de nombreuses pressions :

  • Une disparition des prairies du fait de l’étalement urbain, 
  • Une imperméabilisation des terres qui disparaissent sous le béton et qui a pour effet de créer des chemins artificiels d'écoulement des eaux et surtout la suppression de l'effet de rétention qu'offre un sol perméable,
  • Une pression urbaine et industrielle des pressions sur la ressource en eau qui vont aller en augmentant,…

Les inquiétudes sont donc légitimes. Heureusement, 20 piézomètres ont été installés sur tout le territoire en mars dernier afin gérer au mieux cette ressource en eau et définir des niveaux d'alerte pour mettre en oeuvre des mesures adaptées avec des usages prioritaires (santé, eau potable…).

Une réduction des quantités d’eau apportées aux prairies pourrait donc se répercuter sur la recharge de la nappe et le maintien de la biodiversité de tout un territoire. Une raison de plus pour sensibiliser la population au bon usage de l'eau et pour souligner le fait que la plaine de la Crau bénéficie d'un écosystème global au sein duquel les espaces naturels et agricoles (et les hommes et les femmes qui les maintiennent et se battent pour les préserver) jouent un rôle essentiel.


(1) GIPREB – Syndicat mixte Etang de Berre
(2) Symcrau : Syndicat mixte d'étude et de gestion de la nappe phréatique de la Crau
(3) A lire ici
(4) La Provence – 15/07/2007 – Par Stephane Rossi
(5) A lire ici

 

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Un commentaire sur “De l’or bleu sous nos pieds”

  1. Djerari Salim dit :

    Mesdames, messieurs
    bonjour

    Malheureusement, on constate que le raisonnement concernant l’aménagement du territoire (à l’échelle nationale) se fait à court terme. La logique du projet dont la réalisation est la moins coûteuse est trop souvent suivie. A plus long terme, on s’aperçoit souvent que le coût est beaucoup plus élevé car certaines contraintes environnementales ont été négligées.
    A l’échelle locale ce sont d’autres éléments qui prévalent comme le “développement urbain” qui permet d’augmenter le nombre de la population et des commerces afin d’augmenter le budget des collectivités. Ceci se fait également au détriment de notre environnement.

    Bien à vous

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